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GLM éditeur - illustrateur
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C'est à 19 ans, en 1923, que GLM crée avec
quelques amis une première revue « La revue sans titre »,
et c'est déjà une revue GLM : les illustrations (d'abord
des gravures sur bois) sont intégrées à l'édition
et la mise en page fait dès le début l'objet d'une recherche
formelle. Cette recherche poussera GLM à publier constamment de
nouvelles revues, variant format, présentation et mise en page.
Son intérêt pour la typographie et l'illustration sera constant.
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Ce qui fait son originalité : l'association de
textes et de dessins. La contribution graphique d'un peintre est aussi
importante que le texte littéraire.
Certaines de ces éditions étaient de véritables
livres illustrés où textes et images se répondaient : |
La Revue Sans Titre |
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Un artisan de belles formes vraies* « À dix-sept ans j'écrivais
des poèmes », confia-t-il un jour. Deux ans plus tard
il les publiait et de 1923 à 1928, entouré d'amis tels qu'Halina
Izdebska, Gaston Poulain, Marie Sauvage, Robert Barriot, Jeanne Bergson,
il édita quatre revues successives et quelques livres. Publiées
« en coopérative », ce qui signifie, semble-t-il,
que les auteurs participaient aux frais, ces revues éphémères
étaient ouvertes aux jeunes poètes et peintres - elles
étaient très illustrées - sans parti pris de
chapelle : « Nous irons à l'art par tous les chemins »
était-il proclamé dans l'une d'elles. Il s'agissait pour
ces jeunes gens de s'affirmer en s'éditant et cela n'allait pas
sans quelques attaques contre d'autres groupements littéraires
appelés à plus d'avenir: le premier article de Ceux qui
viennent (janvier 1925) est dirigé contre le surréalisme,
dont le Manifeste venait de paraître. Guy Lévis Mano qui
le signa, se présente à nous comme le chef de file de ce
petit groupe et, dans ces années, paraît déborder
d'activités. Fondateur d'une brève « Association
internationale des jeunes écrivains et artistes », organisateur
de soirées poétiques et musicales, il publie en 1925 C'est
un tango pâmé, dont la critique loua surtout le soin
apporté à la typographie, pourtant si éloignée
de ce que nous sommes habitués d'aimer en ses livres. Antoine Coron Lire le texte d'Antoine Coron
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L'éditeur des poètes [...] Mais il y a à Paris un homme, poète,
imprimeur, traducteur, qui a consacré sa vie à l'édition
de la poésie. Pendant douze ou quinze ans, il fut seul à
courir ce risque, et sans doute sera-t-il bientôt seul à
nouveau, après avoir trouvé, à son retour de captivité,
beaucoup d'émules heureux, d'imitateurs, de plagiaires. Sur eux
tous il garde l'avantage d'un choix à la fois délicat et
orienté, ainsi que la supériorité de l'artisan qui
a créé son propre style typographique. Il s'est appelé
Jean Garamond pour signer les très beaux poèmes qu'il écrivit
lorsqu'il était prisonnier en Allemagne. Il se nomme Guy Lévis
Mano pour ses autres uvres et ses traductions comme dans la vie
civile. Éditeur-imprimeur, il est simplement GLM. C'est un solitaire,
dont l'existence se confond avec le travail. Peu de métiers attachent
aussi profondément leur homme que le métier de typographe,
lorsqu'il est exercé comme un art de création. Aujourd'hui
comme avant la guerre, on peut être certains de trouver, à
n'importe quelle heure, GLM au labeur dans son petit atelier du 6, rue
Huyghens, au fond d'une cour. Albert Béguin, in GLM, Fata Morgana, 1982.
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Le poète imprimeur [...] Puis, il y avait Aragon, alors rôdeur familier
des passages et des ruelles de la capitale. Dans son livre sur ce thème,
il avait oublié le poète-imprimeur qui vivait avec sa chienne
Elsa dans un enclos du quatorzième arrondissement où il
avait son atelier. Paysan de Paris plus qu'Aragon ne l'eût jamais
imaginé, Guy Lévis Mano, l'éditeur des surréalistes
travaillait là, dans une arrière-cour de la rue Huyghens
où la concierge, qui vivait dans une minuscule baraque, était
souvent la mère nourricière de ses artistes. Guy s'affairait
lentement dans une minuscule pièce (on avait peine à se
glisser autour de la presse d'imprimerie). Il allait composer là,
sous la raison sociale GLM, Les Yeux fertiles d'Éluard,
La Main passe de Tzara, les Poésies complètes
de Soupault, Kyrie de Pierre Jean Jouve et les Lettres de Rodez
d'Antonin Artaud. Je le verrai toujours, les doigts brillants de plombagine,
cherchant dans le haut de casse la lettrine d'un Garamond.
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Guy Lévis Mano/Jean Garamond/GLM Gisèle Prassinos, André Breton, René
Char, Paul Éluard, Henri Michaux, Tristan Tzara, Pierre Jean Jouve,
Antonin Artaud, Voronca, Pierre Albert, Birot : entre 1934 et 1937,
un poète de trente ans, fou de typographie, les édite. Ses
inventions, ses audaces, sa rigueur sont telles que Jérôme
Peignot salue dans sa revue ce jeune aventurier du plomb et des casses,
ce poète aux mains d'or qui bouscule l'ancien jeu des compositions
en bataillons serrés pour proposer à l'il des mises
en pages où les anciennes règles volent en éclat,
remplacées par un ordre nouveau, celui d'un regard résolument
moderne. [...]
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GLM rassemble autour de ses collections et de ses Cahiers les artistes les plus modernes. Les peintres qui inventent un nouveau regard, les graveurs et dessinateurs des mystérieux tracés qui conduisent aux « vastes et étranges domaines » illustreront ses revues et ses livres. Certains titres deviendront rarissimes, qui suffiraient à assurer sa renommée de grand amateur et d'éditeur. Ainsi Facile de Paul Éluard, illustré par d'admirables photographies de Nush Éluard par Man Ray ; ainsi encore avec Man Ray, la Sauterelle arthritique de Gisèle Prassinos, et Les Yeux fertiles d'Éluard avec Picasso, ou la Ballade du vieux marin de Coleridge (il l'aura traduite en captivité) avec les illustrations de Mario Prassinos.
Mais si Chirico, Balthus, Giacometti, Yves Tanguy, Brauner, Miro, Magritte, Bellmer, Max Ernst et quelques autres ont dessiné pour lui, GLM s'attache également à des plaquettes non moins précieuses : quand Hélène Bokanovski traduit Walt Whitman et Dylan Thomas, quand André Du Bouchet donne à GLM la meilleure version française des poèmes de Trakl, quand Henri Stierlin s'attache à Pasternak, les abonnés aux publications de GLM trouvent que l'éditeur, le chercheur, l'exceptionnel typographe ouvrent pour eux les chemins des merveilles. C'est vrai. L'édition, avec lui, n'est pas commerce mais noblesse. [...] Pierre Seghers, in GLM, Fata Morgana, 1982.
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L'illustrateur [...] Ce sont autant de textes accompagnés d'un
frontispice ou de quelques illustrations clichées, plus rarement
d'une gravure qui font écho à la parole poétique.
Après guerre, « l'image » se fera plus rare
encore que durant la grande période surréaliste (1933 à
1939), Guy Lévis Mano privilégiant le poème et sa
typographie. Pour le plaisir, citons cependant quelques-uns des peintres
ou graveurs imprimés par G.L.M. : Balthus, Bellmer, Brauner, Chirico,
Dali, Duchamp, Ernst, Foujita, Giacometti, Valentine Hugo, Kandinsky,
Lam, Léger, Magritte, Masson, Miró, Picasso, Man Ray, Sima,
Survage, Tanguy, Toyen, Villon... La liste, loin d'être exhaustive,
n'est-elle pas exemplaire ? Nous retrouvons bien sûr ici la
lucidité de l'éditeur, mais aussi l'intelligence du maquettiste
susceptible de marier pour notre plus grand plaisir la parole à
l'image de son temps, dans un couple toujours évident. Jean-Hugues Malineau, article paru dans Arts et Métiers du livre, n°156, été 1989. Quelques ouvrages illustrés:
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De 1935 à 1939 la part d'éditions originales est de 70%.
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![]() composition de GLM septembre 1945 |
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À son retour de captivité, plusieurs des
ses auteurs ont atteint la notoriété : Éluard, Michaux,
Jouve, Char. Il imprime Liberté de Paul Éluard qui
lui était parvenu en captivité, les Lettres de Rodez
d'A.Arthaud, La Ballade du vieux marin de T.S. Coleridge, qu'il
a traduit, illustrée par Mario Prassinos, un choix de Maurice Scève
établi et préfacé par Albert Beguin, Le Romancero
Gitan de F.G. Lorca qu'il a traduit. Il fait paraître une revue exclusivement poétique,
le Temps de la poésie,
et la nouvelle série des Cahiers
GLM ont pour ambition de couvrir le champ de la poésie
de son temps dans ce qu'elle a de meilleur, en France et à l'étranger.
(in Les Éditions GLM, Antoine Coron, Bibliothèque
Nationale, 1981) |
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Les auteurs de langue autre que française édités
par GLM Outre les auteurs contemporains de langue française, GLM édite
des auteurs
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L'illustration dans les éditions GLM L'utilisation de gravures sur bois dès les premières
éditions de GLM et la présence d'illustrations dans toutes
les éditions GLM sont avec une recherche typographique des caractéristiques
essentielles du travail d'éditeur de GLM. Le travail de la lettre
trouve son contrepoint formel dans les illustrations. |
![]() Chemin de croix infernal, Max Jacob, GLM 1936 dessin d'illustration de Mario Prassinos image©Mario Prassinos ADAGP, 2007 |
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