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GLM poète - GLM traducteur
de poésie
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« Nous ne sommes pas une école, nous ne représentons pas une tendance. La poésie est en toute chose. GLM parlait plus aisément de son métier de typographe que de sa poésie.
Il se réclamait de sa qualité « d'artisan », rarement
de celle de « poète »; il répétait, non sans fierté
« qu'il avait réussi le travail de ses mains ». Andrée Chedid, in : Guy Lévis Mano, Éd. Seghers, Paris, 1974.
De la poésie de Guy Lévis Mano, on pourra dire aussi qu'elle est un soliloque secret, allusif, indéfiniment repris; un trépan qui creuse sans cesse en lui ; un jeu, combien tragique, de miroirs pour se saisir en dépit de l'indistinct et de l'obscur ; une lutte de captif, pour n'être que lumière. On reprendra son propre mot de « litanie », cette longue prière murmurée qui est la voix de la source logée dans les profondeurs. Elle sera, cette poésie, la clé qui ouvre pour le poète et pour bien d'autres « la porte étroite de la sérénité ». Elle rejoint, la vie vécue, les mots-clés de son Il est fou : il avait fait son temps sur terre. Il s'était aboli... Guy Lévis Mano, Jean Garamond, G.L.M., Pierre Seghers. In GLM : Fata Morgana, 1982.
Cinq années. La nuit
du prisonnier commence. Faim, sévices, humiliation. Et cette attente
que chaque aube renouvelait. Rien, bien sûr, rien de comparable
aux camps d'extermination dont GLM apprendra l'existence plus tard...
Mais le sang se décolore ; la jeunesse échappe, s'estompe
irrémédiablement à longueur de jours, de mois, d'années.
Ce monde étroit, clôturé, étouffe, épuise,
limite, lorsqu'on est fait pour l'espace et pour prendre la vie à
bras-le-corps. Le cri du poète est simple, poignant : Andrée Chedid. In : GLM, Éd. Fata Morgana, 1974 (extraits).
DES HOMMES ET DES POÈTES On s'évertue à définir la poésie.
On sacre grand poète un habile versificateur. Le tambour-major
de cet habile versificateur définit la poésie, comme un
fluide, qui unit l'âme du poète à l'âme du lecteur.
C'est peut-être bien. Mais il s'agit de définir le fluide
maintenant. On n'a pas fait un pas. On dit : ce n'est pas de la poésie.
C'est de la poésie. Je préfère appeler une page écrite
MINUTE. On la reçoit, ou on ne la reçoit pas. Mais on ne
peut pas dire : c'est une minute, ce n'est pas une minute. Quoiqu'en dise
M. Paul Valéry, c'est encore les phrases que nous ne contrôlons
pas qui nous fournissent, les plus grandes trouvailles. Une phrase nous
chante, s'échappe de nous, comme un oiseau dans un parc désert
s'échapperait d'un arbre. Une autre phrase nous chante. On nous
a appris qu'elles viennent, ces phrases, du subconscient. Il y a entre
elles certainement, une logique tenue, subtile, qui fait la nique à
celle solide de notre esprit. Je n'aime pas la logique, et je jette volontiers
sur le papier ces phrases qui me viennent d'un territoire où je
ne fais pas la pluie et le beau temps. Il y a la poésie de la foule,
du plus loin, de l'action. Damia dans la salle de l'Européen, jetant
des câbles à des voyous pour les attirer vers des aventures
qui sont de vastes blagues, et de larges sensations momentanées. Des hommes et des poètes, Guy Lévis Mano, in Directions IV, décembre 1932.
De 1924 à 1960, GLM publie dans des revues
ainsi que dans des ouvrages collectifs : 1925 C'est un
tango pâmé, Paris, éditions Henry Parville
...suite
L'écriture poétique accompagne GLM tout au long de sa vie. Son engagement l'amène aussi à traduire, dès 1933, des poètes de langue espagnole ou catalane, (García Lorca, Neruda, Paz, Rodriguez Pintos, Vicente...) mais aussi des poètes anglais (Coleridge, Shakespeare, Carroll). L'éditeur du monde entier Durant les vingt dernières années de son activité et parallèlement à ces publications contemporaines, G.L.M. nous donnera également la chance de découvrir la poésie par delà le temps et l'espace. Une bonne centaine de livres nous permettront d'explorer le poème injustement méconnu par-delà les frontières, oublié par-delà les siècles. De l'Antiquité à l'Amérique du Sud d'aujourd'hui, de la Bible à Charles d'Orléans, de Maurice Scève à Sainte-Thérèse d'Avila, de Saint-François d'Assise aux coplas andalouses, Guy Levis Mano nous offre de la poésie un échantillonnage universel grâce entre autres à sa collection « Voix de la Terre » commencée en 1949 et qu'il poursuivra jusqu'en 1972. Il ne dédaigne pas non plus, attentif à la parole poétique sous toutes ses formes, parfois les plus inattendues, à imprimer de petits traités d'alchimie cocasses, des propos d'enfants, des chants populaires grecs, français ou serbes, des dictons ou proverbes de tous pays, et même le traité d'anatomie et de physiologie de Platon. Éclectique, passionné, érudit, autodidacte, de coups de cœur en émerveillement, capable d'humour et de clins d'yeux comme de lucidité à vif, son exploration intuitive fait une large place aux langues allemandes, anglaises, russes et surtout espagnoles (G.L.M. en ce dernier cas témoignait d'un remarquable talent de traducteur)...suite Présence et postérité de Guy Lévis Mano, J.-H. Malineau Voir le catalogue des textes poétiques traduits par Guy Lévis Mano. |
Catalogue des
textes poétiques de Guy Lévis Mano
je ne sais pas qui je suis in Treize Minutes, Guy Lévis Mano, 31 janvier 1925 lire le poème intégral Recroquevillé Le silence était lisse - comme la prairie était verte
- Je pars les bras ballants in Images de l'homme immobile, 1e édition 1945, écrit en captivité lire d'autres poèmes de la captivité
Il avait rêvé la liberté durant une inépuisable in Mal à l'homme, Guy Lévis Mano , 1948. lire le poème Mal à l'homme |
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