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	<title>Association Guy L&#233;vis Mano</title>
	<link>http://www.guylevismano.com/</link>
	<description>Ce site propose la liste des ouvrages encore disponibles des &#201;ditions GLM, une biographie de Guy L&#233;vis Mano, une pr&#233;sentation de son &#339;uvre typographique, une bibliographie de ses textes po&#233;tiques et de ses traductions, le catalogue g&#233;n&#233;ral des &#233;ditions GLM, des actualit&#233;s sur l'activit&#233; de l'association et de l'&#233;dition contemporaine, une pr&#233;sentation de l'association GLM, de son projet et du mus&#233;e GLM &#224; Vercheny, de nombreux textes et &#233;tudes sur GLM, dont l'int&#233;gralit&#233; du texte d'Antoine Coron paru dans Les &#201;ditions GLM, 1923-1974 (Biblioth&#232;que Nationale, 1981), une rubrique d'images avec des portraits, des couvertures et des reproductions d'&#339;uvres ainsi qu'une page contact pour communiquer avec l'association.</description>
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		<title>Association Guy L&#233;vis Mano</title>
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		<title>Pr&#233;sence et post&#233;rit&#233; de GLM par Jean-Hugues Malineau
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		<dc:date>2014-01-31T10:55:58Z</dc:date>
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		<dc:subject>Breton, Andr&#233;
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		<dc:subject>Char, Ren&#233;
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		<dc:subject>du Bouchet, Andr&#233;
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		<dc:subject>Malineau, Jean-Hughes
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&lt;p&gt;Les jeunes po&#232;tes sont h&#233;ritiers d'&#201;luard, de Ren&#233; Char, de Rimbaud ou de Lautr&#233;amont, d'Henri Michaux ou de Henri Pichette, d'Andr&#233; Breton ou de Francis Ponge, de Pierre Reverdy ou de Jean Follain&#8230; La filiation plus ou moins avou&#233;e, le ton, le style, la marque du po&#232;me doit &#224; un p&#232;re initiatique, &#224; une voix affirm&#233;e et unique qui conduira et incitera multiples autres voix en m&#234;me direction, en m&#234;me pulsation. &#192; leur insu, malgr&#233; eux, ces &#171; sources de paroles &#187; encouragent et irriguent ; ces ma&#238;tres ouvrent (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.guylevismano.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;&#201;diteur
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.guylevismano.com/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Breton, Andr&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.guylevismano.com/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;Char, Ren&#233;
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&lt;a href="http://www.guylevismano.com/spip.php?mot18" rel="tag"&gt;du Bouchet, Andr&#233;
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&lt;a href="http://www.guylevismano.com/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Malineau, Jean-Hughes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les jeunes po&#232;tes sont h&#233;ritiers d'&#201;luard, de Ren&#233; Char, de Rimbaud ou de Lautr&#233;amont, d'Henri Michaux ou de Henri Pichette, d'Andr&#233; Breton ou de Francis Ponge, de Pierre Reverdy ou de Jean Follain&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La filiation plus ou moins avou&#233;e, le ton, le style, la marque du po&#232;me doit &#224; un p&#232;re initiatique, &#224; une voix affirm&#233;e et unique qui conduira et incitera multiples autres voix en m&#234;me direction, en m&#234;me pulsation. &#192; leur insu, malgr&#233; eux, ces &#171; sources de paroles &#187; encouragent et irriguent ; ces ma&#238;tres ouvrent grand des espaces propres &#224; inviter, et propres &#224; faire na&#238;tre vocation de mots, &#233;motions qui osent leur dire parmi nos g&#233;n&#233;rations de jeunes po&#232;tes qui explorent aujourd'hui le verbe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il est un homme, un seul, &#224; avoir suscit&#233;, souterrainement et presque en silence, m&#234;me impulsion vis-&#224;-vis de tous les jeunes &#233;diteurs et typographes : cet homme, c'est Guy L&#233;vis Mano.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un jeune &#233;diteur qui ne doive &#224; cette &#339;uvre d'artisan imprimeur, &#339;uvre qui s'est &#233;labor&#233;e durant un demi-si&#232;cle de 1924 &#224; 1974, et qui pour la premi&#232;re fois se trouve rassembl&#233;e &lt;a href=&quot;http://www.guylevismano.com/spip.php?article4&quot; class='spip_in'&gt;dans un mus&#233;e &#224; Vercheny dans la Dr&#244;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que nous le sachions ou non, nous devons tous effectivement &#224; ce travail d'artisan patient et passionn&#233;, &#224; cette exigence &#233;ditoriale, &#224; ce po&#232;te illumin&#233; par sa foi en la po&#233;sie, &#224; cet imprimeur autodidacte, &#171; merveillable &#187;, de sa mise en page jusqu'au choix de ses caract&#232;res, du choix de son papier jusqu'au colophon. L'harmonie du dire et de son habitacle fut sa perp&#233;tuelle exigence. Ses h&#233;sitations, ses &#171; trouvailles &#187;, son lent cheminement parmi les po&#232;mes de son temps, les plombs en un premier temps plus ou moins heureux, ses &#171; bavures &#187; des d&#233;buts, ses maladresses, ses explorations, comme ses rigueurs successives, puis sa sobri&#233;t&#233; &#233;vidente nous sont exemplaires et encourageantes, nous &#8212; tous les jeune typographes d'aujourd'hui &#8212; avons tous &#233;t&#233; touch&#233;s, et vivons de cette filiation plus ou moins avou&#233;e avec l'imprimeur-&#233;diteur Guy L&#233;vis Mano qui nous a quitt&#233;s en 1980.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'importance d'une &#339;uvre tient justement aux d&#233;sirs et aux vocations qu'elle suscite, celle de G.L.M. est en ce sens exemplaire. &lt;i&gt;&#171; Un po&#232;te doit laisser des traces, non des preuves de son passage &#187;&lt;/i&gt;, disait son ami Ren&#233; Char ; les traces sont ici des plus fertiles, les le&#231;ons f&#233;condes ; quant aux preuves, tant pis pour la modestie de Guy L&#233;vis Mano, elles tiennent en plus de cinq cents plaquettes imprim&#233;es, cinq cents petits livres minces et essentiels tant sur le plan de la parole que sur celui plus rare o&#249; elle nous fut confi&#233;e amoureusement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis sa mort, c'est une exposition en 1981 &#224; la Biblioth&#232;que Nationale &#224; laquelle il avait l&#233;gu&#233; ses propres exemplaires, trente ou cinquante autres de par le monde, un hommage rendu par les &#233;ditions Fata Morgana (qui lui doivent &#233;galement beaucoup), r&#233;unissant les voix de ses amis ; un mus&#233;e qui lui est consacr&#233; qui vient d'ouvrir ses portes et surtout une association g&#233;r&#233;e par ses proches qui assure sa pr&#233;sence parmi nous et la vente de ses &#233;ditions. Guy L&#233;vis Mano, en sa modestie, aurait-il souscrit &#224; de telles initiatives ? Je ne sais, du moins l'Association G.L.M. qui offre aujourd'hui &lt;a href=&quot;http://www.guylevismano.com/spip.php?article13&quot; class='spip_in'&gt;des bourses &#224; de jeunes typographes, po&#232;tes, et graveurs&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Faute de ressources suffisantes, l'Association a mis fin aux bourses GLM en (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;, gr&#226;ce au produit des ventes des livres de G.L.M. non encore &#233;puis&#233;s appara&#238;t-elle aller en m&#234;me direction, en m&#234;me volont&#233; que celles de l'&#233;diteur des po&#232;tes que fut G.L.M. Sugg&#233;rons &#224; celle-ci &#8212; la forme serait &#224; trouver &#8212; de privil&#233;gier la bourse typographique (il est tant de prix po&#233;tiques ou graphiques en France aujourd'hui) et peut-&#234;tre de cr&#233;er une bourse &#171; &#233;ditoriale &#187; tant la clairvoyance de l'&#233;diteur fut sans doute la premi&#232;re vertu de Guy L&#233;vis Mano et sa premi&#232;re le&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;diteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on publie n'importe quel propos, s'il est port&#233; par les m&#233;dias t&#233;l&#233;vis&#233;s, il me semble devoir souligner que la premi&#232;re le&#231;on de G.L.M. est celle de l'&#233;diteur clairvoyant et &#233;clectique qui ne s'est jamais tromp&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun &#233;diteur ne peut se targuer aujourd'hui d'un tel discernement. Si le prestige d'un tel catalogue s'explique en partie gr&#226;ce &#224; l'&#226;ge d'or po&#233;tique fran&#231;ais travers&#233; par G.L.M., je pense &#224; sa rencontre avec les po&#232;tes surr&#233;alistes, comme au bref regain d'int&#233;r&#234;t pour la po&#233;sie apr&#232;s la seconde guerre mondiale, l'histoire n'explique pas cependant la passion, la lucidit&#233;, l'amour de l'&#233;diteur et la qualit&#233; permanente de ses &#233;ditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
G.L.M. &#233;ditait &#224; 100, 1 000 exemplaires au plus de merveilleuses plaquettes dont plus d'un tiers reste aujourd'hui disponible &#224; des prix incroyablement bas ; c'est dire la difficult&#233; de diffuser aujourd'hui la po&#233;sie ; c'est dire aussi que malgr&#233; son catalogue exceptionnel, G.L.M. n'a jamais fait fortune, loin de l&#224; ; et pourtant...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, Guy L&#233;vis Mano a su reconna&#238;tre la multiplicit&#233; de la parole, et c'est le premier r&#244;le de l'&#233;diteur. Il a su choisir avant que d'offrir la source, les deux cents sources, les deux cents voix parmi les plus importantes qui ont travers&#233; son temps d'exister. Bien avant quiconque, il a reconnu Lorca, Ren&#233; Char, Maurice Blanchard, Henri Michaux, qu'il n'a cess&#233; avant et apr&#232;s guerre d'imprimer, quatre auteurs qui lui tenaient particuli&#232;rement &#224; c&#339;ur et &#224; corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s ses d&#233;buts, il publie dans ses premi&#232;res revues, parmi d'autres po&#232;tes, Jean Follain, Mandelstam, Essenine, Pasternak avant 1930. Puis il rencontre les po&#232;tes surr&#233;alistes (soucieux eux aussi de trouver un &#233;diteur et imprimeur exigeant) il fait alors une large place &#224; Breton, &#201;luard, Tzara, Picabia, aux illustrateurs Masson, Mir&#243;, Bellmer... il faudrait tous les citer. Les plaquettes en ce temps d'avant guerre (trente ou cinquante par an) portent les noms les plus prestigieux de l'art et de la po&#233;sie contemporaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la rupture de la seconde guerre mondiale, ce sont d'autres voix plus jeunes, diverses qui apparaissent, et qui aujourd'hui encore restent &#224; d&#233;couvrir par le grand public, je pense &#224; Andr&#233;e Ch&#233;did, Pierre Torreilles, Todrani, Georges et Laurice Shehad&#233;, Jacques Bussy, Marwan Hoss... Pas un texte qui ne soit essentiel et singulier ; on peut tout lire avec le m&#234;me plaisir, le m&#234;me bonheur. Avant la guerre, G.L.M., &#233;diteur des po&#232;tes surr&#233;alistes, n'imprime-t-il pas parall&#232;lement dans la revue &lt;i&gt;Ac&#233;phale&lt;/i&gt;, Georges Bataille, Blanchot, Leiris et encore Jo&#235; Bousquet ou Pierre Jean Jouve &#224; plusieurs reprises. Apr&#232;s guerre, citons aussi Dupin, Du Bouchet, Pr&#233;vert bien s&#251;r, en un mot, nous rencontrons gr&#226;ce &#224; lui toutes les paroles po&#233;tiques les plus importantes de notre temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;diteur du monde entier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Durant les vingt derni&#232;res ann&#233;es de son activit&#233; et parall&#232;lement &#224; ces publications contemporaines, G.L.M. nous donnera &#233;galement la chance de d&#233;couvrir la po&#233;sie par del&#224; le temps et l'espace. Une bonne centaine de livres nous permettront d'explorer le po&#232;me injustement m&#233;connu par-del&#224; les fronti&#232;res, oubli&#233; par-del&#224; les si&#232;cles. De l'Antiquit&#233; &#224; l'Am&#233;rique du Sud d'aujourd'hui, de la Bible &#224; Charles d'Orl&#233;ans, de Maurice Sc&#232;ve &#224; Sainte-Th&#233;r&#232;se d'Avila, de Saint-Fran&#231;ois d'Assise aux coplas andalouses, Guy L&#233;vis Mano nous offre de la po&#233;sie un &#233;chantillonnage universel gr&#226;ce entre autres &#224; sa collection &#171; Voix de la Terre &#187; commenc&#233;e en 1949 et qu'il poursuivra jusqu'en 1972. Il ne d&#233;daigne pas non plus, attentif &#224; la parole po&#233;tique sous toutes ses formes, parfois les plus inattendues, &#224; imprimer de petits trait&#233;s d'alchimie cocasses, des propos d'enfants, des chants populaires grecs, fran&#231;ais ou serbes, des dictons ou proverbes de tous pays, et m&#234;me le trait&#233; d'anatomie et de physiologie de Platon. &#201;clectique, passionn&#233;, &#233;rudit, autodidacte, de coups de c&#339;ur en &#233;merveillement, capable d'humour et de clins d'yeux comme de lucidit&#233; &#224; vif, son exploration intuitive fait une large place aux langues allemandes, anglaises, russes et surtout espagnoles (G.L.M. en ce dernier cas t&#233;moignait d'un remarquable talent de traducteur). Parcourant son catalogue, rencontrant encore en vrac Kafka, Corbi&#232;re, Hugo, Moli&#232;re, Shakespeare, Nerval, Louise Labb&#233;, Nietzsche... on serait plut&#244;t amen&#233;, et c'est un comble &#224; l'envers pour un &#233;diteur modeste et artisanal, &#224; chercher ceux qui manquent, les po&#232;tes absents ; je m'amuse &#224; y trouver La Fontaine (il fut tant et tant r&#233;&#233;dit&#233;), Racine (mais comment publier une &#339;uvre enti&#232;re)... et parmi les modernes Pichette, Guillevic, Perse, Reverdy, Cendrars... dommage pour ce dernier quand on conna&#238;t la passion de l'auteur du Transsib&#233;rien pour la maquette et la typographie du livre. Parall&#232;lement &#224; ces recueils, Guy L&#233;vis Mano animera en outre ses &#233;ditions jusqu'en 1952 gr&#226;ce &#224; des revues r&#233;unissant fr&#233;quemment les extraits des derniers recueils compos&#233;s par lui. Citons dans l'ordre, &lt;i&gt;Minutes&lt;/i&gt; (9 cahiers) de 1930 &#224; 1934 ; &lt;i&gt;Pages&lt;/i&gt; (un seul num&#233;ro) 1935 ; &lt;i&gt;Cahiers G.L.M.&lt;/i&gt; premi&#232;re s&#233;rie de 1936 &#224; 1939 (9 cahiers) ; &lt;i&gt;Po&#233;sie mon beau souci&lt;/i&gt; 1946, 1947 (2 revues) ; &lt;i&gt;le Temps de la po&#233;sie&lt;/i&gt; de 1948 &#224; 1952 (6 cahiers).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Avenir du monde...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 1974, G.L.M. cessera son activit&#233; en nous donnant une mince plaquette (sa 553&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;) de Chateaubriand (choix &#233;tonnant a priori) intitul&#233;e &lt;i&gt;Avenir du Monde&lt;/i&gt;. Le titre s'annonce porteur de messages pour les temps futurs, parmi ceux-ci nous lisons : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;couverte de l'imprimerie a chang&#233; les conditions sociales ; la presse, machine qu'on ne peut plus briser, continuera &#224; d&#233;truire l'ancien monde, jusqu'&#224; ce qu'elle en ait form&#233; un nouveau : c'est une voix calcul&#233;e pour le forum g&#233;n&#233;ral des peuples... &#187;&lt;/i&gt;. Toutes ces &#171; voix de la terre &#187; et tous ces peuples, G.L.M. s'est en effet appliqu&#233; &#224; nous les faire rencontrer, mais cette rencontre qu'il nous m&#233;nage n'est pas anodine et je connais bien de mes proches que la po&#233;sie rebutait a priori, qui sont devenus aujourd'hui des lecteurs attentifs gr&#226;ce au charme et &#224; l'harmonie architecturale des livres de G.L.M... Le poids de ses plaquettes dans la main, l'ad&#233;quation calcul&#233;e, longuement cherch&#233;e de la parole au caract&#232;re, au format, l'illustration parfois, leur brochage, tout converge vers une s&#233;duction rigoureuse afin de nous faire entendre au plus juste les mots que le po&#232;te imprimeur a fait siens. L'intelligence de la lecture de la partition et la qualit&#233; du chef d'orchestre maquettiste et typographe nous donne &#224; entendre de la plus harmonieuse mani&#232;re l'&#339;uvre po&#233;tique et c'est l&#224; la seconde le&#231;on qu'a pu donner G.L.M. &#224; tous ceux qui cr&#233;ent des livres aujourd'hui apr&#232;s lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le typographe maquettiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde corde &#224; l'arc de la lyre de Guy L&#233;vis Mano ou m&#234;me la troisi&#232;me, apr&#232;s celle de l'&#233;criture et de l'&#233;dition, est celle de la typographie. Cet &#171; art de service &#187; selon les propos de Philippe Schuwer, Guy L&#233;vis Mano lui a donn&#233; durant ce si&#232;cle ses lettres de noblesse. Si l'on reconna&#238;t Sanson Fran&#231;ois interpr&#233;tant Ravel, Ciccolini s'amusant avec &#201;ric Satie ou Von Karajan dirigeant Beethoven... il faut affirmer l'art de G.L.M. capable de donner &#224; entendre toutes les voix po&#233;tiques de Antonin Artaud &#224; Paul &#201;luard ou de la Bible &#224; Lautr&#233;amont. L&#224; encore, Guy L&#233;vis Mano nous offre une superbe le&#231;on, celle de l'interpr&#232;te de la parole &#233;crite : son &#339;uvre, en grande modestie, est d'&#233;tablir l'intimit&#233; entre le dire et notre &#233;coute visuelle, de r&#233;aliser les mariages des blancs et des noirs, du sens au plomb, du caract&#232;re &#224; l'espace, du format au poids du papier &#233;lu, du brochage aux couleurs &#233;ventuelles, et surtout du po&#232;me premier &#224; l'image grav&#233;e ou clich&#233;e qui souvent l'accompagne. C'est un travail de maquettiste impitoyable qui s'enrichit de la volont&#233; du typographe qui r&#233;alise patiemment la partition qu'il a choisi d'offrir &#224; nos yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La qualit&#233; des noirs et le foulage presque inexistant font de G.L.M. un des meilleurs typographes de notre temps. Pourtant son mat&#233;riel n'autorisait pas a priori des performances d'encrage comparables &#224; nos machines d'aujourd'hui (une presse Minerve &#224; p&#233;dale, durant de longues ann&#233;es, succ&#233;dant &#224; une presse &#224; main pr&#234;t&#233;e par son ami po&#232;te Pintos). Mais la m&#233;ticulosit&#233; de l'ouvrier, alli&#233;e au souci maniaque du maquettiste, son originalit&#233; et son &#233;coute attentive du texte po&#233;tique produiront cependant des merveilles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant que d'imprimer lui-m&#234;me en son appartement sur la petite presse &#224; main pr&#234;t&#233;e, G.L.M. c&#244;toie les typographes en donnant &#224; r&#233;aliser les maquettes qu'il a pu imaginer pour ses premi&#232;res revues imprim&#233;es bien souvent avec un encrage hasardeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand, autodidacte, il r&#233;alisera lui-m&#234;me l'impression du livre, l'ouvrier sera aussi exemplaire que l'&#233;diteur ou le maquettiste. Tout au long de cinquante ann&#233;es, G.L.M., consid&#233;r&#233; comme &#171; fou &#187; par les typographes auxquels il imposait &#224; son d&#233;but le fruit de ses recherches en tous sens avec le plomb, va &#233;dulcorer sa page, simplifier, pour devenir de plus en plus sobre et lumineux. Le fantaisiste qui cherchait dans la revue &lt;i&gt;Minutes&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Ils sont trois hommes&lt;/i&gt; &#224; introduire des nouveaut&#233;s typographiques de 1924 &#224; 1933 (vignettes, paginations, titrages et sous-titrages, mariages de corps et de caract&#232;res diff&#233;rents, Gill, Didot, souvent des Antiques...) nous conduira vers la lisibilit&#233; parfaite, selon le dire de Paul &#201;luard, guid&#233; en cela par ses auteurs les plus clairvoyants, Ren&#233; Char, Pierre Jean Jouve...&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il n'abandonnera jamais la recherche typographique (il interpr&#233;tera merveilleusement &lt;i&gt;Quelques-uns des mots qui nous sont jusqu'ici myst&#233;rieusement interdits&lt;/i&gt; de Paul &#201;luard en 1937, des textes d'enfants r&#233;unis par Marthe Haury en 1945, il ira plus sobrement jusqu'en 1974 vers la nudit&#233; et la transparence. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'originalit&#233; du maquettiste, son imagination ne seront plus guid&#233;es que par la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rative du po&#232;me &#224; imprimer ; les r&#233;ussites du &lt;i&gt;Corbeau de Poe&lt;/i&gt; traduit par Mallarm&#233; et Baudelaire en 1967 ou le &lt;i&gt;Dit du Vieux Marin de Coleridge&lt;/i&gt; illustr&#233; par Mario Prassinos vingt ans auparavant doivent davantage &#224; la nature des textes multiples &#224; typographier (traductions et double propos pour Coleridge) qu'&#224; une volont&#233; cr&#233;atrice de maquettiste. Comprendre donc une maquette et une plaquette de Guy L&#233;vis Mano, c'est &#233;couter avec ses yeux, entendre la parole &#233;lue et imaginer le cheminement cr&#233;ateur de celui qui nous l'offre, harmonieuse, dans notre main. Peut-on mesurer cette r&#233;flexion modeste, sa lenteur, ses h&#233;sitations, ses scrupules, en tenant cet objet qui nous appara&#238;t toujours juste et heureux dans notre paume comme sous nos yeux. S&#233;duit, le profane s'en r&#233;jouit, sans supposer ce qui l&#224; encore est &#339;uvre de patience, d'exigence et d'intelligence. Le texte &#171; expliqu&#233; &#187; comme dans la plus simple diction lucide, on entend le po&#232;me en chair et en blanc, en corps et en noir dans le site o&#249; il convenait le mieux de le &#171; loger &#187;, texte qui s'impose et texte qui imposait une telle image. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, le miracle chez G.L.M. n'a pas eu lieu dix fois, mais trois ou cinq cents fois : je pense au &lt;i&gt;Facile&lt;/i&gt; d'&#201;luard dont la composition &#233;pouse les reins nus de la compagne d'&#201;luard, photographi&#233;e par Man Ray, je pense au &lt;i&gt;Myst&#232;re de la Passion&lt;/i&gt;, au &lt;i&gt;Cantique du Soleil&lt;/i&gt; de Saint-Fran&#231;ois d'Assise (o&#249; G.L.M. joue avec les vignettes afin de composer les majuscules), au &lt;i&gt;Kyrie&lt;/i&gt; de Jouve, orn&#233; de lettrines de Joseph Sima, et je songe par-del&#224; ces livres de recherches &#224; ces trois cents plaquettes qui &#171; &#233;tablissent la gr&#226;ce &#187; comme disait Ren&#233; Char et qui ne se font pas remarquer d'embl&#233;e, mais o&#249; la parole se donne en plus humble coh&#233;rence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont propos fac&#233;tieux ou graves, comptines ou pens&#233;es, po&#232;mes ou romances populaires admirablement servis par les Elzevirs (Plantin, Garamond, Baskerville...) que G.L.M. utilisera de pr&#233;f&#233;rence apr&#232;s la guerre, avec les Bodoni ; c'est un recueil de pens&#233;es sur la po&#233;sie de Jean Joubert, un Jules Lequier &#224; l'italienne, un d&#233;licieux choix de textes de Victor Hugo par Andr&#233; Du Bouchet ou des romances espagnoles qu'on logerait dans un &#233;crin &#224; bijoux...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'illustration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont autant de textes accompagn&#233;s d'un frontispice ou de quelques illustrations clich&#233;es, plus rarement d'une gravure qui font &#233;cho &#224; la parole po&#233;tique. Apr&#232;s guerre, &#171; l'image &#187; se fera plus rare encore que durant la grande p&#233;riode surr&#233;aliste (1933 &#224; 1939), Guy L&#233;vis Mano privil&#233;giant le po&#232;me et sa typographie. Pour le plaisir, citons cependant quelques-uns des peintres ou graveurs imprim&#233;s par G.L.M. : Balthus, Bellmer, Brauner, Chirico, Dali, Duchamp, Ernst, Foujita, Giacometti, Valentine Hugo, Kandinsky, Lam, L&#233;ger, Magritte, Masson, Mir&#243;, Picasso, Man Ray, Sima, Survage, Tanguy, Toyen, Villon... La liste, loin d'&#234;tre exhaustive, n'est-elle pas exemplaire ? Nous retrouvons bien s&#251;r ici la lucidit&#233; de l'&#233;diteur, mais aussi l'intelligence du maquettiste susceptible de marier pour notre plus grand plaisir la parole &#224; l'image de son temps, dans un couple toujours &#233;vident.&lt;br class='autobr' /&gt;
G.L.M. savait &#233;couter le v&#339;u du po&#232;te, ou sugg&#233;rait lui-m&#234;me ces fian&#231;ailles, entremetteur g&#233;nial, il est le premier &#224; nous offrir en 1939 Michaux illustr&#233; par lui-m&#234;me, &#224; nous donner Lautr&#233;amont illustr&#233; par tous les peintres surr&#233;alistes, Mario Prassinos &#171; parl&#233; &#187; par sa s&#339;ur Gis&#232;le... que de &#171; couples &#187; prestigieux ne rencontre-t-on pas : &#201;luard avec Picasso, Pierre Jean Jouve avec Sima, Ren&#233; Char avec Giacometti ou Mir&#243;... Parfois m&#234;me, l'image est le seul objet du livre, c'est le cas des collages de Max Bucaille ou d'ouvrages reproduisant des gravures anciennes ; parfois, &#224; l'&#233;coute de son temps, c'est la photographie reproduite en simili-gravure qui sera primordiale (Gil Pax d&#232;s 1933, Man Ray ou l'admirable poup&#233;e photographi&#233;e par Bellmer...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui pourrait aujourd'hui r&#233;unir une telle pl&#233;iade de grands artistes, qui pourrait allier un tel discernement d'&#233;diteur &#224; l'humilit&#233; de la r&#233;alisation typographique ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean-Hugues Malineau, article paru dans &lt;i&gt;Arts et M&#233;tiers du livre&lt;/i&gt;, n&#176;156, &#233;t&#233; 1989&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;Faute de ressources suffisantes, l'Association a mis fin aux bourses GLM en 1993&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Couverture de&lt;/i&gt; La Revue Sans Titre, &lt;i&gt;N&#176;4 (deuxi&#232;me s&#233;rie) - f&#233;vrier 1924.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le mus&#233;e GLM par Jean-Hugues Malineau
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		<dc:subject>Malineau, Jean-Hughes
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		<description>
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait que justice apr&#232;s Louis Jou aux Baux de Provence, Pierre-Andr&#233; Beno&#238;t &#224; Al&#232;s, qu'un mus&#233;e soit consacr&#233; &#224; l'&#339;uvre exceptionnelle de Guy L&#233;vis Mano. On doit se r&#233;jouir que le grand public puisse enfin avoir acc&#232;s &#224; ces &#339;uvres pour beaucoup introuvables. Gageons l&#224; encore que l'esprit qui anime ce mus&#233;e (qui a ouvert ses portes en 1989) et le lieu recul&#233; o&#249; il se trouve n'auraient pas d&#233;plu &#224; l'&#233;diteur qui a toujours su garder une part d'enfance et d'&#233;merveillement en lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mus&#233;e qui r&#233;unit toutes les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.guylevismano.com/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Association
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.guylevismano.com/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Malineau, Jean-Hughes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.guylevismano.com/local/cache-vignettes/L150xH111/arton20-80a52.jpg&quot; width='150' height='111' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'&#233;tait que justice apr&#232;s Louis Jou aux Baux de Provence, Pierre-Andr&#233; Beno&#238;t &#224; Al&#232;s, qu'un mus&#233;e soit consacr&#233; &#224; l'&#339;uvre exceptionnelle de Guy L&#233;vis Mano. On doit se r&#233;jouir que le grand public puisse enfin avoir acc&#232;s &#224; ces &#339;uvres pour beaucoup introuvables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gageons l&#224; encore que l'esprit qui anime ce mus&#233;e (qui a ouvert ses portes en 1989) et le lieu recul&#233; o&#249; il se trouve n'auraient pas d&#233;plu &#224; l'&#233;diteur qui a toujours su garder une part d'enfance et d'&#233;merveillement en lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mus&#233;e qui r&#233;unit toutes les &#339;uvres de G.L.M. (&#224; une dizaine d'exceptions pr&#232;s) propose les livres les plus prestigieux, sous vitrines bien s&#251;r, comme il permet de prendre en mains et de feuilleter multiples autres plaquettes, dans une salle de lecture d'une quarantaine de m&#232;tres carr&#233;s, o&#249; se trouvent &#233;galement les casses de l'imprimeur, ses composteurs, ses deux premi&#232;res presses remises en &#233;tat (presse &#224; main et Minerve &#224; p&#233;dale), son bureau... Ult&#233;rieurement, deux salles suppl&#233;mentaires permettront des expositions th&#233;matiques consacr&#233;es &#224; un auteur, un illustrateur, ou &#224; une p&#233;riode particuli&#232;re de l'&#233;diteur. Le lieu ne se d&#233;finit pas comme mus&#233;e au sens traditionnel du terme, il se veut lieu d'accueil, de consultation et d'&#233;changes pour et avec les divers visiteurs, amateurs ou curieux ; c'est l&#224; sa premi&#232;re originalit&#233;. G.L.M. ne &#171; finit &#187; pas ici, son rayonnement peut au contraire y commencer comme une autre vie, une autre diffusion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais beaucoup plus originale et exemplaire encore est la constitution de ce mus&#233;e priv&#233; qui appartient &#224; une collectivit&#233; d'enfants et d'adultes... Voici quarante ans que le cr&#233;ateur de celle-ci, Robert Ardouvin, s'installait avec quelques jeunes en difficult&#233; sur le plan social, dans cette superbe r&#233;gion de la Dr&#244;me, dans le petit village de Vercheny, &#224; quelque 600 m&#232;tres d'altitude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Retapant les maisons du village, attirant peu &#224; peu des &#171; animateurs &#187; , travaillant la vigne (on est en plein c&#339;ur du vignoble de la clairette de Die) ou les plantes aromatiques, pratiquant l'&#233;levage du mouton, formant patiemment des &#233;ducateurs, la collectivit&#233; grossira en subvenant longtemps &#224; ses propres besoins. L'aide des pouvoirs publics aidant, c'est aujourd'hui une collectivit&#233; de 85 enfants en difficult&#233;, vivant &#171; en famille &#187; de trois &#224; dix enfants qui disposent de terrains de sport, de nombreux b&#226;timents, d'ateliers d'&#233;b&#233;nisterie, de menuiserie, de poterie, d'encadrement, de maquette, bient&#244;t de reliure et pourquoi pas d'impressions graphiques...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, voici plus de dix ans que Robert Ardouvin et ses coll&#232;gues, suite &#224; la lecture d'un essai du po&#232;te Jos&#233; Bergamin &#171; La d&#233;cadence de l'analphab&#233;tisme &#187; publi&#233; dans la revue &lt;i&gt;La D&#233;lirante&lt;/i&gt; num&#233;ro 7 en 1979, ont introduit une autre &#171; nourriture &#187; aussi essentielle &#224; l'enfant au sein de la collectivit&#233; : la culture !&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis dix ans, inlassablement, la collectivit&#233; se dote d'une fantastique biblioth&#232;que (revues d'arts et de techniques tout d'abord, puis revues litt&#233;raires ensuite des XIX&#232; et XX&#232; si&#232;cles). &lt;i&gt;Verve, Orbes, Cahiers d'Art, Nord-Sud, le Minotaure, les Feuilles Libres, Sic&lt;/i&gt;..., toutes les revues les plus rares et les plus passionnantes, des milliers et des milliers de publications sont r&#233;unies ici, de quoi faire p&#226;lir bien des biblioth&#232;ques municipales et m&#234;me nationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;couverte de Pierre Reverdy dans &lt;i&gt;Nord-Sud&lt;/i&gt; ou de G.L.M. gr&#226;ce &#224; ses &lt;i&gt;Cahiers&lt;/i&gt;, incitera Robert Ardouvin &#224; collectionner plus syst&#233;matiquement les &#339;uvres de ces deux po&#232;tes, c'est ainsi que l'actuel mus&#233;e Guy Levis Mano est n&#233;, de m&#234;me que celui de Pierre Reverdy dans le m&#234;me village.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces livres, comme tous les b&#226;timents ou installations, appartiennent &#224; la collectivit&#233; et &#224; ses enfants qui peuvent profiter de la biblioth&#232;que et qui, &#224; la sortie de l'&#233;cole, p&#233;n&#232;trent dans le mus&#233;e G.L.M. pour y feuilleter un ouvrage, en d&#233;couvrir la beaut&#233; et la profondeur. Ils lisent et reconnaissent &#224; travers les pages, la joie comme la solitude, la tristesse comme l'amour, dans une exigence esth&#233;tique incomparable. Gageons que l&#224; encore ce rapport entre leurs propres &#233;motions et le po&#232;me, &#171; Le Dedans et le Dehors &#187;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Recueil de Guy L&#233;vis Mano publi&#233; en 1961.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; sera susceptible de f&#233;conder bien des vocations et grande &#171; Solidarit&#233; &#187;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Recueil de Paul &#201;luard publi&#233; par GLM en 1938.' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;. En rencontrant personnellement ces enfants, dans leur &#233;coute et leur respect, malgr&#233; leurs propres difficult&#233;s, je suis s&#251;r du bien fond&#233; d'un tel apport culturel exemplaire, comme je suis s&#251;r du plaisir que G.L.M. aurait eu lui-m&#234;me &#224; se savoir ainsi &#171; log&#233; &#187;, proche des enfants qu'il aimait, proche de leur &#171; Avenir du monde &#187;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Recueil de Chateaubriand publi&#233; par GLM en 1974.' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sachons, nous aussi, saisir la chance, en nous rendant &#224; Vercheny, de rencontrer G.L.M. comme ces enfants peuvent le c&#244;toyer quotidiennement au sortir de l'&#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis s&#251;r que cet homme qui fut heureux de donner, dont la raison d'exister &#233;tait d'offrir la parole (je songe encore &#224; la trentaine de cartes de v&#339;ux, bijoux qu'il &#233;ditait pour ses amis sous forme d'aphorismes, proverbes, dits ou courts po&#232;mes chaque fin d'ann&#233;e), ne peut nous laisser indiff&#233;rents &#224; un moment de notre propre cheminement, tant il manifeste la vie vraie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean-Hugues Malineau, article paru dans &lt;i&gt;Arts et M&#233;tiers du Livre&lt;/i&gt;, n&#176; 156, &#233;t&#233; 1989&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;Recueil de Guy L&#233;vis Mano publi&#233; en 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;Recueil de Paul &#201;luard publi&#233; par GLM en 1938.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;Recueil de Chateaubriand publi&#233; par GLM en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Inauguration du mus&#233;e GLM &#224; Vercheny (Dr&#244;me) le 1&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1991&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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