
Monsieur le Président de la République,

Nombreux sont
les philosophes qui ont soutenu que notre avenir est inscrit dans notre
passé. De cette pensée, vous vous êtes tout récemment
fait le défenseur. Lors du discours que vous avez prononcé
à l'occasion de l'inauguration de la Cité de l'Architecture
et du Patrimoine, vous avez eu cette phrase :
Il ne sert à
rien d'être si fier de notre patrimoine et de continuer à
mégoter pour l'entretenir. Il est une part essentielle de notre
patrimoine national qui mérite d'autant plus votre attention qu'à
elle seule elle résume tout ce qui caractérise notre civilisation
française : l'Atelier du Livre de l'Imprimerie nationale. Il s'agit
d'un ensemble unique au monde. À l'héritage exceptionnel
de ses collections, dont les plus anciennes remontent à François
Ier - poinçons et caractères, gravures sur bois et en taille-douce,
vignettes, fers à dorer, soit au total plus de 500 000 pièces
-, il allie l'essentiel des métiers d'art qui composent l'histoire
de l'imprimerie et de ses techniques : gravure de poinçons, fonte
de caractères en plomb, composition manuelle et mécanique,
impression typographique, lithographie sur pierre, taille-douce et phototypie.

Nos compositeurs
orientalistes disposent en outre des fabuleux trésors accumulés
au fil des siècles. Les plus célèbres sont les grecs
du Roi dessinés par Claude Garamont pour obtempérer aux
vux de François I
er, les buis du Régent,
80 000 caractères chinois gravés sur bois de 1715 à
1740. Hiéroglyphes, cunéiformes, hébreu, araméen,
samaritain et rabbinique, douze styles de caractères arabes - coufique,
karmatique, d'Avicenne... -, sept langues de l'Inde, éthiopien,
arménien, tifinagh, palmyrénien, tibétain, khmer,
siamois, mongol, chinois, japonais, maya... ce sont au total 72 écritures
et plus de 50 langues du monde qui peuvent être composées
avec les caractères historiques de l'Imprimerie nationale. A cet
ensemble il faut adjoindre une bibliothèque historique de 30 000
ouvrages, dont la plupart sont d une valeur inestimable.