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GLM typographe
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| « Le travail de GLM se veut toujours une interprétation typographique du texte. » (GLM, Antoine Coron, extrait) | |||
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GLM a senti le texte dans sa matérialité typographique, il a recherché la meilleure place pour le mot dans la page, le caractère le mieux adapté à la voix de l'auteur. Au fil du temps, il a épuré son style typographique pour approcher cette extrême simplicité où seuls le dessin d'un caractère et le blanc de la page dialoguent dans le seul but d'offrir à l'il un confort de lecture où sans artifice l'esprit peut échanger avec la voix de l'auteur. Yves Prié, in GLM, 2006 (extrait).
Les mains de Guy Lévis Mano au travail (détail), photo ©Véro. |
Dans son antre de la rue Huyghens tapissé de livres,
de casses, de paquets, je le revois penché au-dessus de sa presse, observant
les mouvements de sa machine. Je le revois aussi peinant sur la composition
d'un titre. Il rassemblait une dizaine de feuillets fraîchement tirés,
les disposait sur une table ou sur le sol et vous demandait de sélectionner
le meilleur. La plupart paraissaient harmonieux, satisfaisants. GLM hochait
la tête. Le regard impitoyable il scrutait chaque ligne, critiquant un
caractère trop gris ou trop encré, la disproportion d'une lettrine, le
tremblement d'une capitale, le déséquilibre d'une marge, l'épaisseur ou
la fragilité d'un corps. Éliminant une épreuve après l'autre, il n'en
gardait qu'une seule; ou bien il recommençait le tout. On finissait par
voir à travers son œil, reconnaître l'œuvre la plus achevée. Serviteur
de la poésie des autres, je l'ai vu amoureux de ces poèmes si attentivement
choisis. Savourant chaque parole, pénétrant le texte, brûlant de lui donner
forme, il s'efforçait de lui offrir le soutien, l'architecture et l'espace
d'une typographie complice. C'est à ces moments-là, je crois, qu'il était
le plus heureux, dans le labeur de ce qu'il appelait « ses
mains méticuleuses ».
Andrée Chedid, in GLM, Fata Morgana, 1982, p.
88.
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![]() Longueur des nuits où rien n'arrive GLM, 1935 |
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GLM : l'ouvrier total, l'ouvrier du poème et du livre En somme le typographe face
à un texte est dans la même position que le traducteur :
rendre intelligible et adapter. Il est aussi dans une situation comparable
à celle de l'illustrateur, et l'on comprend mieux la prévention
qu'il eut à l'égard de celui-ci dès qu'il sentit
en lui une sorte de compétiteur. Cette conception si exigeante
de son métier, lui seul pouvait l'accomplir. C'est pourquoi
GLM ne me semble pas un modèle, plutôt un exemple. Il
fut selon le mot de Bachelard « l'ouvrier total, l'ouvrier
du poème et du livre ». Le travail de GLM se veut toujours une « interprétation typographique » du texte, mais tandis qu'à ses débuts cela revenait parfois à désarticuler le poème, qu'il essayait de transcrire typographiquement en variant corps et caractères au mot près (cf. El desdichado, Quelques-uns des mots..., Trois typographes en avaient marre), interpréter devient pour lui plus tard la recherche d'une harmonie générale. Le choix des caractères est toujours fondamental - GLM considère que chaque famille de plomb a sa propre personnalité -, mais ce n'est plus qu'une des opérations de la construction du livre. /.../ GLM, peu à peu, fit sien le souci de rigueur et de lisibilité qui les conduisait à écarter tout élément distractif, bornant ceux-ci à la périphérie du livre. Antoine Coron, in Les Éditions GLM, Bibliothèque Nationale, 1981 (extraits)
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![]() El Desdichado, G. de Nerval, GLM, 1937 |
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Les outils typographiques de GLM Il utilise d'abord, jusqu'en 1933,
chez Beresniak, le Latin antique et l'Albion. d'après Antoine Coron, Les Éditions GLM, Bibliothèque Nationale, 1981
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![]() Quand le bruit travaille Gisèle Prassinos, GLM, 1936 |
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