ASSOCIATION GUY LÉVIS MANO

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«Les écrivains de notre temps qui n'auront pas eu au moins un livre sorti de vos presses
ne seront pas tout à fait de notre temps.»

(Lettre de Joë Bousquet à GLM le 18 avril 1939, extrait)

Le site Internet de l'Association Guy Lévis Mano a pour projet de faire connaître l'œuvre de Guy Lévis Mano comme éditeur de poésie, traducteur, poète et typographe, d'annoncer et soutenir les actions en cours, de répondre aux demandes d'information.

Il propose un catalogue des ouvrages des Éditions GLM encore disponibles, une biographie de Guy Lévis Mano, une présentation de son œuvre typographique, une bibliographie complète de ses éditions et de ses traductions, une bibliographie de ses textes poétiques, une page d'actualité de l'édition contemporaine et des activités de l'association, une présentation de l'association GLM, de son projet et du musée GLM à Vercheny, de nombreux textes et études sur GLM, dont l'intégralité du texte d'Antoine Coron paru dans les Éditions GLM, 1923-1974 (Bibliothèque Nationale, 1981) ainsi qu'une page de contact pour communiquer avec l'association.

Actualité

• Le Livre de l'Ami et de l'Aimé, Ramon Llull, éd. Bartillat...suite
• 
Le poète à New-York, F. García Lorca, éd. Fata Morgana...suite
• Loger la source, suivie de Derniers poèmes, Guy Lévis Mano, éd. Folle Avoine...suite
• Massin, Laetitia Wolf, éd. Phaidon...suite
• Typographie vintage..., Heller et Anderson, éd. Thames & Hudson...suite
• Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Jérôme Peignot...suite

     

Un homme, ici, poète, éditeur, typographe, imprimeur, un homme, ici, prenait son temps. Le temps et la liberté de lire, d'écrire, de rêver, le temps de parler avec un visiteur, de fumer une cigarette, le temps de méditer sur un blanc, un corps, une justification, un papier, le temps d'attendre que le caractère adéquat jaillisse de la casse et de la nuit, le temps de concevoir et de fixer l'architecture d'un livre, dans son détail et son tout – puisque tout dépend, à la fin, pour le poème, pour la vie, d'un seul signe et de sa place dans la chaîne des signes, du rythme qui se dégage de leur combinaison et de leur accord – de la création d'un espace où il est vivant...

Rue Huyghens, à Paris/Jacques Dupin - in GLM : Fata Morgana, 1982

 

 portrait de Guy Lévis Mano. D.R.
portrait de Guy Lévis Mano®

 

La maison GLM se compose de deux ateliers. L'un sert à l'exposition des livres, il y a gardé les deux presses de ses débuts. La petite presse à levier que lui avait confiée en 1933 le poète C.Rodriguez-Pintos, avec laquelle il a réalisé ses deux premiers livres (cf. rubrique GLM auteur et poète), et la Minerve à pédale qu'il acquiert en 1935. Sur les étagères, les photographies des poètes de la maison : René Char, Paul Éluard, André Breton, P.J. Jouve, Gisèle Prassinos, Federico García Lorca…
L'autre est l'imprimerie.

d'après Guy Lévis Mano, un homme présent. Andrée Chedid, Éd. Seghers

Madeleine Pissarro et GLM devant l'atelier de la rue Huyghens
GLM et Madeleine Pissarro
devant l'atelier de GLM, rue Huyghens à Paris

 

Le silence de GLM, ce sont les heures d'atelier où, seul, un homme s'empare de la voix d'un autre pour la traduire en pages d'une évidente lisibilité, ce sont les essais, les minutes parfois contrariées par l'urgence du livre à finir, les doutes sur les choix dans la mise en pages, la relecture qui met à l'épreuve le texte plus que toute autre lecture sous la lampe. GLM a senti le texte dans sa matérialité typographique, il a recherché la meilleure place pour le mot dans la page, le caractère le mieux adapté à la voix de l'auteur. Au fil du temps, il a épuré son style typographique pour approcher cette extrême simplicité où seuls le dessin d'un caractère et le blanc de la page dialoguent dans le seul but d'offrir à l'œil un confort de lecture où sans artifice l'esprit peut échanger avec la voix de l'auteur. Je me rappelle de sa réticence à accepter de me vendre à la fin de sa vie L'Homme des départs immobiles parce que justement l'artifice typographique ne lui semblait plus de mise. « Vous voulez voir ce qu'est une mise en pages ? » me disait-il alors, et il me conduisit à l'atelier où sur le marbre étaient les épreuves d'un texte de René Char : un pavé parfaitement équilibré dans l'espace de la page blanche.« Voilà ce qu'est une mise en pages. Vous verrez, vous y viendrez ! » ...suite

Yves Prié, directeur des Éditions Folle Avoine

 

J'aimais Guy Lévis Mano, qui avait son atelier dans une cour du quartier Montparnasse. II faisait tout, et seul. Ses éditions étaient des modèles de typographie, avec cette rare sobriété qui ne peut être que le fruit d'un long travail vers la perfection. Il était comme ses livres : réservé et amical. Je venais les lui acheter, et il établissait lui-même ses factures devant moi, d'une écriture qui valait encore toutes les polices de caractères du monde. Nous échangions quelques mots.
L'hiver, l'atelier était glacial, nous y restions debout. Pourtant il y avait toujours une grande chaleur dans son accueil. Il était poète, il imprimait ce qu'il écrivait, il traduisait (García Lorca, Alberti, Jean de la Croix), il éditait les autres (La Ballade du vieux marin de Coleridge, La Chasse au Snark de Lewis Carroll, Char, Breton, Leiris).

in Les Abeilles et la guêpe. François Maspero. Paris, Éd. du Seuil

 
 

Présence et postérité de Guy Lévis Mano, par J.-H. Malineau
Les jeunes poètes sont héritiers d'Éluard, de René Char, de Rimbaud ou de Lautréamont, d'Henri Michaux ou de Henri Pichette, d'André Breton ou de Francis Ponge, de Pierre Reverdy ou de Jean Follain... La filiation plus ou moins avouée, le ton, le style, la marque du poème doit à un père initiatique, à une voix affirmée et unique qui conduira et incitera multiples autres voix en même direction, en même pulsation.
À leur insu, malgré eux, ces « sources de paroles » encouragent et irriguent;  ces maîtres ouvrent grand des espaces propres à inviter, et propres à faire naître vocation de mots, émotions qui osent leur dire parmi nos générations de jeunes poètes qui explorent aujourd'hui le verbe.
Mais il est un homme, un seul, à avoir suscité, souterrainement et presque en silence, même impulsion vis-à-vis de tous les jeunes éditeurs et typographes : cet homme, c'est Guy Lévis Mano ...suite

 
 

 

   
   
   
   

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